Association La P’tite Maison - Cabinet de curiosités sonores.

 

 
   

 




   
 
   
 


Rencontre en Video avec Charlemagne Palestine
chemise hawaienne, chaussettes multicolores et musique sacrée


(JPG) Apprécier une musique passe par une rencontre.
Combien de fois l’amour que l’on porte à une oeuvre est-elle né d’un dialogue passionné avec un ami ou un inconnu ? Combien de fois la lecture d’une chronique a-t-elle entraîné l’achat instantané d’un disque ? L’écoute que l’accorde à l’écoute des autres est à mes yeux (mes oreilles !) essentielle. Sans ce partage, la musique peine à être plus qu’une onde anonyme dans le grand océan de sons qui nous submerge. C’est pour cela qu’il faut encourager chacun à prendre sa plume, à parler, à couvrir la parole de ceux qui se disent autorisés. Chacun peut être passeur. Il n’y a pas d’auditeur qui ne saurait être expert.
Cependant, quelque soit la légitimité de Monsieur Tout le monde à s’exprimer, rien ne vaut une rencontre avec l’artiste. Celles-ci sont rares malheureusement, et les interviews, de plus en plus rares dans la presse, ne donnent en général à lire que le discours convenu de celui qui veut vendre. Ce bel entretien, en musique et en français, de Charlemagne Palestine, évite cet écueil. Maximie Lachaud et Cedric Batifoulier nous font ici véritablement rencontrer le grand artiste américain. Tout ce qui est à savoir sur lui est dit : le musicien y explique l’origine de son nom, si inhabituel et si évocateur ; il revient sur ses influences, sur son rapport à la musique d’avant-garde, à la musique liturgique juive, à la musique du monde ; plus technique, il revient sur sa façon de marteler le piano (le strumming) ; pudique, il évoque sa traversée du désert, son abandon de la musique dans les années 70, les réflexes stupides des gens de culture à mettre les gens dans des petites cases, le rôle essentiel des acteurs d’un certain rock libre (sonic youth, arto lindsay...) dans son retour récent sur le devant de la scène. Mais surtout, au-delà de ce qu’il faut savoir, Maximie Lachaud et Cedric Batifoulier donnent à voir un homme attachant qu’on aurait tort de ne réduire qu’à quelques adjectifs. Minimaliste Charlemagne Palestine ? Lui se voit comme un maximaliste créateur d’aurores boréales. Avant-gardiste Charlemagne Palestine ? Lui ne se reconnaît pas dans le protestantisme sévère d’un John Cage ou d’un Varese. Lui dit n’avoir fait que mettre en connexion la synagogue et la musique électronique. Au mépris des grands chambardements de la musique du XXè siècle. Excentrique Charlemagne Palestine ? On refusera avec lui la dénomination : porter des chaussettes multicolores, un short et une chemise bariolé devrait-il interdire d’être un visionnaire ?`

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