« Y viennent de Niort. Ce sont des autoproduits. Tu sais, un peu comme nous avec le Creative Commons. Mais dans les années 80. Avec les cassettes, tout ça. Tu verras. Y sont super sympas » qu’y m’a dit Jéjé.
Mais, dès le début, j’l’ai pas cru. Ca sonnait faux. Z’étaient trop dérangés les gars. F’saient trop l’bordel. Non j’l’ai pas cru. C’était pas les mêmes. Pas possible. Sans doute qu’il s’était contenté de regarder le nom sur la sonnette, le Jé. Mais il est comme ça, le Jé. Y vérifie jamais ses sources. Il les recoupe pas. Pas bon tout ça. Pas bon. J’y crois pas. C’est pas les bons. Y a mal-donne.
« Mais si, rassure-toi » qu’il a voulu m’rassurer « c’est bien eux. Tu t’rappelles ? On les appelait les Résidents français parce qu’y z’étaient trop dada, trop méchant, trop chelou, trop tout ça. Enfin tu vois ? Dis tu m’entends ? »

Là c’est vrai j’écoutais pas parce que j’étais paniqué. J’avais en tête tout le ramdam qu’ils foutaient dans le quartier, surtout la nuit. Des bacchanales. Des orgies. Des orgies nazies même. Et pas des moins capiteuses ! Pis j’lui dis comme ça (une association d’idée) : « t’es sûr que c’est pas des flics ? Parce quand y cause à son chien l’aut’zouave, on dirait un flic qu’engueule son chien. Et pis son chien y réponds. Comme un flic de chien qu’en peut plus de faire ouaf ouaf quand on lui d’mande. Genre une fois à la maison, y lui dis le chien : « non mais dis donc, le droit du travail c’est pas seulement pour la racaille, hein. J’ai b’soin de souffler et d’aboyer peinard. Le repos ! Tu vois c’que je veux dire ? La planque, le plûmard ! Dodo ! Rien faire ! Non mais c’est pas l’usine non plus... » Enfin, c’est ce que j’lui ai dit au Jé, enfin j’le voyais comme ça à c’moment là. Et puis j’ai rajouté : « Et pis j’lai entendu tu sais. J’déconne pas ! J’suis pas dingue »
« Non mais toi tu vois des sarkozystes partout...Et maintenant des flics... Tu prends trop d’trucs toi en ce moment. Ou alors tu vas sur des sites de musiques déviantes qui proposent des trucs pas légaux. Tu veux pas non plus lui envoyer le
Bloc Noir sur la gueule à not’voisin ? Tu veux quand même pas lui casser la gueule parce que tu sniffes de la sciure d’écran plasma ? C’est juste un voisin tu sais. Avec un chien. Un voisin. Avec un p’tit chien tout mignon. A côté d’la P’tite maison. Des VOI-SINS. CAPITO »
Beatles, le chien de mes anciens voisins
Là j’suis devenu silencieux. Je marmonnais des trucs mais ça sortait pas.
« T’es triste ? » qu’y m’a fait avec son air de chien battu. Et puis tout ça, les aboiements qui revenaient, sa mine de chien battu, le déménagement, les souvenirs, j’ai craqué, j’ai craqué, j’ai pleuré.
« Allez fais pas le gosse. T’es triste. Y t’manque »
C’est vrai. J’ pouvais plus le cacher. Mes anciens voisins, leur chien « Beatles », vraiment. Y m’manquait vraiment trop »
No
Cliquez ici pour entendre Boule, le chien de mon nouveau voisin
Cliquez ici pour entendre Beatles, le chien de mon ancien voisin
Vraiment, vous en conviendrez. C’est plus pareil. Même l’ambiance dans le quartier...j’sais pas...
Les références de deux disques ou cassettes essentielles
REF 1 :
Artiste : Ptôse
Titre : Poisson soluble
Label : Ptôse Production, Edition Standard
Année : 1983
REF 2 :
Artiste :Ptôse
Titre : The Swoop
Label : Eksakt Records (Eksakt 012)
Année : 1984