Il était une fois où l’anarchie avait sa jeunesse. « Ils marchent dans la foret, ils sont de plus en plus laids, même pas les coups de sabres n’arrêterons leur marche » . La pochette sérigraphiée, rouge sang et blanche comme l’habit du bourreau, m’a crachée à la gueule dans une brocante, perdue au milieu de nulle part. Réminiscence... Il était un état où les adolescents dévastaient nos tympans à coup de guitares vomissantes, puaient la bière et dormaient dans des cartons. Il était une fois, où, par la musique, la jeunesse blanche, noir, jaune... se révoltait ouvertement contre un état policier.
Luigi Russolo aurait souri en écoutant ce disque, son message étant passé.
Une voix, une boîte à rythmes et une guitare électrique saturée. Mélange efficace inspiré par le groupe « Métal Urbain », pour un mouvement punk qui déjà, à la fin des années 70, est en pleine mutation.
Signe d’une génération qui renaît constamment de ses cendres, le nom du groupe Bérurier « noir » a été choisi afin d’annoncer la mort de ce même groupe né en 1978 sous le nom de Bérurier , lors d’un dernier concert à l’usine de Pali-Kao en 1983. C’est là que François et Loran se firent réellement connaître.
Nada est leur premier bâtard vinylique, sorti en 1983. Il comprend 4 titre : La mort au choix, Nada, Bûcherons, Amputé.
Un son garage hors du commun. Espèce de punk minimaliste syncopé par « Dédé », cette boîte à rythme omniprésente, présentée comme la troisième activiste du groupe. Une guitare à la fois cinglante et bruitiste, et un texte presque surréaliste et répétitif d’adolescent perturbé. Ce maxi, où parfois les thèmes se chevauchent, créant des mises en abîme au goût de souffre, peut s‘apparenter à un objet futuriste ou fluxus . Une sorte de rage intemporelle.
young degeneration
En redécouvrant des ovnis comme « Nada », témoignages d’une jeunesse concernée et irritée par les déviances du monde et de ses dirigeants, j’ai du mal à accepter les propos d’un ancien bon magazine rock, quand celui-ci, nous fait aujourd’hui l’éloge d’un soi-disant « jeune rebelle », traînant dans un télé crochet minable et beuglant sa guimauve, entre deux pages de publicités, en se faisant passer pour un autodidacte. Oui, quand je me penche sur certains disques, qu’hier encore, on écoutait à la radio, elle a tendance à me faire bien rire la liberté d’expression actuelle, commanditée par M6, sponsorisée par Segetel et connement intellectualisée par les inrockuptibles. Une liberté réduisant l’inventivité à des fonctions purement commerciales et se proclamant : voix du peuple.
N’oublions pas qu’aujourd’hui, si les Béruriers sont encore crédibles c’est parce qu’ils font, par exemple,
du Break-Core contre Nicolas Sarkozi et pas des duos à la nouvelle star avec ce bouffon de "Julien". Jé
Titre : Nada
Groupe : Bérurier Noir
Date de sortie : 1983
Edition : Bondage Records